10 mois de PVT en Australie

Anne, 24 ans, Bretonne, étudiante en Master Marketing et Communication – Australie

J’ai réalisé une année de césure entre ma licence et mon master en 2015 pour réaliser un PVT en Australie, et continuer mon expérience en Nouvelle-Zélande et en Thaïlande. 286 jours d’aventures inoubliables pour moi, et le début de beaucoup de choses. Parlons de mes 8 mois en Australie !

J’ai toujours été curieuse et intéressée par les cultures différentes de la mienne (même les petites différences culturelles qu’on a en France !) J’ai eu la chance de voyager avec mon père, qui a pas mal « barouder » dans sa jeunesse. J’ai profité de la fin de ma licence pour prendre cette opportunité d’année sabbatique pour voyager. Le fait d’avoir tout de même un diplôme dans la poche, si jamais il m’arrivait de ne jamais rentrer, me rassurait. Et puis j’avais besoin de faire une pause, peut-être de me trouver personnellement avant de faire un choix décisif sur une future carrière.

Je suis donc partie avec une amie rencontrée en licence. Je dois dire que lorsque nous en avons parlé pour la première fois à nos parents, ils étaient aussi surpris de mon projet que de ma décision de le partager avec une personne que je ne connaissais que depuis 3 mois ! C’était rassurant de partir avec quelqu’un, nous avions parlé longuement de nos attentes respectives et de notre vision de ce voyage, et je pense que dès le début nous avions eu un de ces coups de cœur amical qui nous a rapproché encore plus à travers cette aventure.

Nous avons choisi l’Australie pour le côté aventure, le bout du monde, mais aussi parce que c’était un pays occidental et donc plus sécurisant pour une première aventure. Et puis les kangourous et tout ce qui est unique en Australie m’ont toujours fait rêver !

Nous sommes parties à deux, 22 ans et 21 ans, en septembre 2015. Nous avons profité du long vol pour faire des escales à Dubaï et Bangkok où nous avons passé quelques jours avant de rejoindre Cairns, au Nord-Est de l’Australie. Nous avons rapidement commencé à chercher du travail, d’abord en restauration ou en hôtel, puis en ferme. On a aussi rapidement compris qu’il nous faudrait une voiture pour se déplacer dans cet immense pays, et étant donné que les logements sont chers, nous avons donc acheté notre voiture-maison (Andy, nouveau compagnon de route). Nous avons rapidement trouvé du travail dans une ferme à … 17h de Cairns. Mais nous avons fait la route, c’était une aventure sur 2 jours pour un emploi de 2 mois en ferme de blé et de bétail au fin fond du bush. Ça ne fait pas forcément rêver ?! Et pourtant, c’est cette première expérience qui nous a fait tomber amoureuses de l’Australie, de tout ce que le pays et ses habitants ont à offrir. Nous sommes tombées sur des gens extraordinaires. Le travail en ferme était dur (il ne faut pas compter ses heures ni penser à des jours de congés stables), la vie loin de celle qu’on avait imaginé car très rurale. Nous sommes restées 2 mois, puis (après beaucoup de larmes en quittant notre Aussie Family) nous avons voyagé un mois sur la côte Est entre Airlie Beach et Sydney, où nous avons passé le nouvel an 2016 sur la plage.

Nous avons ensuite travaillé dans les courgettes, puis fait les vendanges, puis les patates. De nombreuses expériences pour acquérir nos jours de travail (88jours ou 3 mois consécutifs chez le même employeur) nous permettant d’accéder à notre 2nd PVT. Autant d’expériences difficiles moralement, par la dureté du travail, les horaires difficiles (parfois 12 heures par jour sous 40 degrés, avec un réveil à 3heures du matin), la distance de la famille, que physiquement (je ne suis pas bodybuldée et nous mangions majoritairement des pâtes et du riz, en dormant dans une voiture sous 40 dégrés… autant dire que la fatigue était parfois rude).

J’ai vu des choses magnifiques, des levers de soleil en haut des montagnes, des coucher de soleil sur la plage, des baleines sauter et des milliers de poissons dans la grande barrière de corail, des kangourous par dizaine dans des champs, des eaux turquoises et des oiseaux superbes. Mais ce qui m’a le plus marquée, émerveillée, transformée sûrement, au cours de ce voyage n’ont pas été les moments de voyage-tourisme, mais réellement les moments difficiles que j’ai réussi à surmonter (alors que je pleurais d’épuisement au milieu des patates). La cohabitation aussi, plus de 8 mois avec la même personne, partageant le même matelas gonflable, les mêmes galères et les coups de mou. Cela peut-être difficile, il faut le dire. Et pourtant, j’ai eu la chance de trouver une personne vraiment complémentaire à ma personnalité, et cette expérience a été merveilleuse également grâce à elle. N’oubliez pas de toujours communiquer sur ce que vous pensez et ressentez (et je ne dis pas ça car je travaille dans la com !), c’est souvent la solution à plein de petits tracas.

Chaque expérience est différente bien sûr, mais je pense que le plus important dans le voyage est de sortir de sa zone de confort. De s’y forcer, même si c’est difficile. Ça vaut mille fois le coup, pour toutes les choses que l’on apprend, les personnes que l’on rencontre (que ce soit pour un repas ou des mois de voyages partagés), les choses que l’on voit et surtout ce que l’on apprend de soi.

En parlant de retour, il peut être difficile, notamment pour les expériences littéralement différentes de son quotidien français. Il faut rester occupé(e), garder les pieds sur terre et surtout s’écouter soi-même. En rentrant, j’avais vécu 5 ans en 10 mois tellement l’expérience était intense et riche, tandis que mes amis, ma famille, n’avaient pas autant évolué. J’ai ressenti un décalage, j’avais l’impression que personne ne pouvait comprendre le quart de ce que j’avais vécu, j’avais l’impression de ne plus avoir ma place dans ce petit moule. Et pourtant, même si j’avais envie de repartir, j’ai gardé en tête que c’était aussi magique car c’était temporaire. Que j’ai vécu à 100% cette expérience car je savais qu’elle avait une fin. Mon entourage avait vécu des choses importantes aussi, et il ne faut pas l’oublier dans sa bulle de voyage. J’ai repris mon quotidien à l’université (autant vous dire que je rêvais d’être sur mon tracteur au milieu de mon champ de blé à 5h du matin plutôt que d’être assise sur une chaise à 10h…), j’ai rencontré des nouvelles personnes, j’ai appris de nouvelles choses (moins différentes bien sûr) et j’ai gardé en tête tout ce que j’avais appris de moi-même pendant ce voyage, mais aussi sur ce que je voulais. Je repars régulièrement en voyage, je rentre d’ailleurs d’un semestre d’échange universitaire au Canada. Je me fais de longs week-end en Europe toute seule, m’octroyer un peu de temps seule me fait du bien.

Toute expérience est différente, et on n’est jamais bloqué que par soi-même. Et ce que j’ai appris parmi toutes les galères que j’ai rencontrées, c’est qu’il y a toujours une solution, qu’il faut toujours relativiser. Et que tout arrive pour une raison, même un peu crevé !

Foncezzz vers l’inconnu, vers les autres, vers tout ce qui est bon à prendre !!! 🙂

 

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